L'APICULTURE : UNE PASSION QUI NE CESSE DE S'ADAPTER

Les apiculteurs sont reconnus très souvent pour être des passionnés. Ils s’imprègnent d’une certaine mystique au contact de leurs abeilles et de la nature dans laquelle ils évoluent au fil des saisons.

Au sein de la Maison Fedon, notre équipe perpétue naturellement cette passion qui frappa dès son plus jeune âge Jean Fedon, le premier apiculteur professionnel de la famille et le père de Thierry. A la fin de sa vie, il se plaisait encore à raconter comment, à l’âge de 4 ans, il enferma une abeille dans une bouteille avec une fleur, en espérant obtenir du miel… Son inlassable sens de l’observation et sa curiosité l’ont conduit, tout au long de sa carrière, à s’émerveiller du spectacle offert par la nature, jusqu’à en écrire un livre, puis, un deuxième.
Voici le regard de Jean Fedon sur l’évolution de l’apiculture, par le biais d’extraits de son livre « Devenir apiculteur professionnel » :

De l’apiculture artisanale vers l’apiculture professionnelle

« On peut dire que c’est au cours du XIXe que l’apiculture, à des fins commerciales, a commencé son développement en France pour évoluer jusqu’à nos jours et devenir celle que nous connaissons aujourd’hui.

Pratiquée souvent dans des troncs récupérés lors de l’abattage d’arbres depuis, sans doute, plusieurs siècles, les ruches dites traditionnelles, construites à partir de matériaux locaux tels que le bois (du châtaignier en Limousin), la paille et l’osier ont pris le relais au début des années 1800.  Elles étaient surtout assemblées le soir à la veillée, près du feu de cheminée, n’impliquant aucun achat de matériaux coûteux pour des paysans assez pauvres en argent mais riches de leur savoir-faire.
Présentes pratiquement dans toutes les fermes, les abeilles fournissaient le seul produit sucré consommé par les familles, mais aussi la cire indispensable pour s’éclairer et pour confectionner les cierges des églises.

C’est vers 1850 que l’apiculture a commencé à prendre une forme différente. Et même si l’apiculture traditionnelle s’est poursuivie encore près d’un siècle, une autre apiculture s’est faite jour au moment où l’instruction, la communication écrite et les communications maritimes et terrestres se sont répandues sur notre planète.

De l’apiculture artisanale vers l’apiculture professionnelle : suite

Par exemple, les plantations d’acacias se sont propagées à partir de 1850. À cette époque, les sociétés qui construisaient les voies de chemin de fer recherchaient des arbres capables, par leurs racines, de fixer les remblais et les talus des voies ferrées. C’est la société « Le Jardin du Cheminot » qui conseilla de planter des acacias qui n’existaient alors que dans les villes, les parcs des châteaux et des maisons bourgeoises.
170 ans plus tard, les apiculteurs profitent encore de cette idée géniale, souvent sans le savoir, qui fût véhiculée à cette époque par l’évolution des moyens de transports.

Parallèlement à l’expansion de l’acacia, les ruches à cadres mobiles sont nées, en entraînant avec elles des créations matérielles, telles que les extracteurs. Ces derniers ont permis d’extraire le miel sans abîmer les rayons réutilisables dans l’immédiat. Mais aussi et surtout – l’observation des abeilles dans leur vie et leur travail de tous les jours. Incalculables progrès.
Nanties de ces moyens modernes de productions, des exploitations professionnelles sont nées à la fin du XIXe. Grâce au moyen de transport pratique qu’est devenu le train, ces apiculteurs ont trouvé une clientèle importante dans les villes et leurs entreprises ont pu prospérer. Effectivement, leurs abeilles ne manquaient de rien dans des champs en partie recouverts de mars à octobre de cultures mellifères, destinées à l’alimentation des chevaux de traits et des animaux de boucherie ».

De l’apiculture artisanale vers l’apiculture professionnelle : suite

Par exemple, les plantations d’acacias se sont propagées à partir de 1850. À cette époque, les sociétés qui construisaient les voies de chemin de fer recherchaient des arbres capables, par leurs racines, de fixer les remblais et les talus des voies ferrées. C’est la société « Le Jardin du Cheminot » qui conseilla de planter des acacias qui n’existaient alors que dans les villes, les parcs des châteaux et des maisons bourgeoises.
170 ans plus tard, les apiculteurs profitent encore de cette idée géniale, souvent sans le savoir, qui fût véhiculée à cette époque par l’évolution des moyens de transports.

Parallèlement à l’expansion de l’acacia, les ruches à cadres mobiles sont nées, en entraînant avec elles des créations matérielles, telles que les extracteurs. Ces derniers ont permis d’extraire le miel sans abîmer les rayons réutilisables dans l’immédiat. Mais aussi et surtout – l’observation des abeilles dans leur vie et leur travail de tous les jours. Incalculables progrès.
Nanties de ces moyens modernes de productions, des exploitations professionnelles sont nées à la fin du XIXe. Grâce au moyen de transport pratique qu’est devenu le train, ces apiculteurs ont trouvé une clientèle importante dans les villes et leurs entreprises ont pu prospérer. Effectivement, leurs abeilles ne manquaient de rien dans des champs en partie recouverts de mars à octobre de cultures mellifères, destinées à l’alimentation des chevaux de traits et des animaux de boucherie ».

Naissance de l’apiculture transhumante

« À partir de la seconde guerre mondiale, l’apiculture professionnelle a pris un nouvel essor.
Absents de leurs exploitations pour cause de guerre, les agriculteurs des grandes régions céréalières n’ont pu entretenir correctement leurs cultures. Par conséquent, dans les champs, de nombreuses plantes mellifères habituellement indésirables n’ont cessé de fleurir, pour le plus grand bien des abeilles, des apiculteurs non mobilisés et les familles de ceux qui n’étaient pas là.
La prolifération de ces plantes a duré plusieurs années pendant lesquelles la pénurie de sucre était très sévère, obligeant les consommateurs à acheter du miel.

Dès 1945, l’euphorie des années précédentes s’est dégonflée comme un souffle refroidi par un courant d’air, et vingts-cinq années de vaches maigres allaient avoir raison des plus faibles. Les champs ont été désherbés, chimiquement ou manuellement et les tracteurs sont apparus. Ces champs n’ont donc pas été nourris de sainfoin, luzerne, trèfle, et autres plantes fourragères, dorénavant délaissés au profit des céréales.
En effet, à la fin de la guerre, chacun travaillait pour gagner sa croûte et pour ça il fallait du blé et de la betterave sucrière pour sucrer son café avant d’aller au boulot.

Naissance de l’apiculture transhumante : suite

Céréales et betteraves ont envahi les plaines du grand bassin parisien. De nombreuses autres régions ont été également privées des cultures, dont les abeilles faisaient leur miel. Seul le colza a résisté à la vague destructrice de ces champs maintenant « aseptisés » par les désherbants et les insecticides qui ne savaient pas encore faire un choix entre les bons et les mauvais insectes.

Ainsi est apparue la transhumance. Réflexe naturel. Pourquoi laisser des ruches dans des ruchers qui n’auraient d’intérêt apicole qu’un an plus tard, alors que les nouveaux moyens de transports des apiculteurs leur permettraient des déplacements à plusieurs centaines de kilomètres ? Les zones les plus profitables aux abeilles à partir du mois de mai, ont vu alors affluer des dizaines de milliers de ruches. Acacia, bruyère Erica, bruyère callune, sapin, lavande et d’autres n’ont pas manqué de butineuses.

Un nouveau type d’apiculture était né. Grâce à l’amélioration des routes et des véhicules de transport, la transhumance des ruches sur des centaines de kilomètres est devenue une pratique apicole incontournable pour toute exploitation qui voulait assurer sa pérennité.
Avec la création des autoroutes, la transhumance s’est amplifiée et après l’hivernage et les miellées de printemps, le couloir rhodanien est devenu la voie mielleuse des apiculteurs du Sud-Est, du Centre et de l’Est de la France ».

Naissance de l’apiculture transhumante : suite

Céréales et betteraves ont envahi les plaines du grand bassin parisien. De nombreuses autres régions ont été également privées des cultures, dont les abeilles faisaient leur miel. Seul le colza a résisté à la vague destructrice de ces champs maintenant « aseptisés » par les désherbants et les insecticides qui ne savaient pas encore faire un choix entre les bons et les mauvais insectes.

Ainsi est apparue la transhumance. Réflexe naturel. Pourquoi laisser des ruches dans des ruchers qui n’auraient d’intérêt apicole qu’un an plus tard, alors que les nouveaux moyens de transports des apiculteurs leur permettraient des déplacements à plusieurs centaines de kilomètres ? Les zones les plus profitables aux abeilles à partir du mois de mai, ont vu alors affluer des dizaines de milliers de ruches. Acacia, bruyère Erica, bruyère callune, sapin, lavande et d’autres n’ont pas manqué de butineuses.

Un nouveau type d’apiculture était né. Grâce à l’amélioration des routes et des véhicules de transport, la transhumance des ruches sur des centaines de kilomètres est devenue une pratique apicole incontournable pour toute exploitation qui voulait assurer sa pérennité.
Avec la création des autoroutes, la transhumance s’est amplifiée et après l’hivernage et les miellées de printemps, le couloir rhodanien est devenu la voie mielleuse des apiculteurs du Sud-Est, du Centre et de l’Est de la France ».

Dès années 80 à nos jours

Au début des années 80, un nouveau fléau arrivait en Europe. Il est venu d’Asie du Sud-Est, sous la forme d’un acarien, le varroa, responsable de la disparition de centaines de milliers d’essaims. Dès lors, l’apiculture n’allait plus jamais être la même qu’auparavant.
Le métier d’apiculteur, qui se résumait jusque-là à de la cueillette de miel, se transformait par nécessité en une activité d’élevage, pour compenser toujours et encore les mortalités d’abeilles.

L’utilisation d’une nouvelle génération de pesticides, les néonicotinoïdes (insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes) dès 1996, finit d’assombrir ce triste constat.

Cependant, la recherche, la formation et les liens entre apiculteurs, ont générés de biens meilleures connaissances et des facultés d’adaptation rapide.

Au-delà de l’importance que représente la pollinisation, l’abeille est devenue aujourd’hui un véritable enjeu de société, symbole d’un environnement qu’on se doit de préserver si on veut continuer d’y vivre sainement.

Les apiculteurs, de métier ou de loisir, exercent leur passion sans relâche. Ils s’adaptent sans cesse pour continuer à proposer au consommateur des miels qui reflètent au mieux leur travail amoureux auprès de leurs abeilles.