« EST-CE BIEN VRAI TOUT CE QUE L’ON ENTEND SUR LA MORTALITÉ D’ABEILLES ? »

 

Voilà certainement la question qui nous est le plus souvent posée.

Aussi, il est bon de faire le point pour ceux que cela intéresse, en apportant quelques rappels et aussi notre point de vue.

Oui, beaucoup de pertes de colonies d’abeilles ont été déclarées au printemps 2018, et on ne peut les nier de toute évidence.
Ce n’est pas nouveau, puisque cela fait une vingtaine d’années que ce sujet est très régulièrement médiatisé.

Les causes sont multiples et la plupart du temps s’additionnent, en aggravant la situation.

Quels sont les principaux facteurs ?

LE VARROA

Cet acarien, originaire d’Asie du Sud-est, est arrivé en Europe au début des années 80, et a rapidement modifié de façon considérable l’approche apicole. Il est présent tout au long de l’année dans les ruches, en profitant de la chaleur et des larves pour se nourrir et se reproduire. La colonie est ainsi affaiblie jusqu’à son périssement.
Cela explique, d’ailleurs, en grande partie la disparition des essaims sauvages.

Tout comme on traite les chiens et les chats contre les tiques, l’apiculteur doit impérativement réaliser un traitement anti-varroa
une ou deux fois par an
. Toute négligence ou retard est préjudiciable.

LES PESTICIDES

Ces produits chimiques massivement utilisés depuis les années 50,
ont été la cause de nombreuses pertes de colonies d’abeilles, particulièrement dans les zones de cultures intensives.

À partir des années 90, de nouvelles molécules sont apparues
– les néonicotinoïdes. Toutes les semences sont dès lors enrobées
pour se protéger des nuisibles dès le semis, puis lors
de leur croissance via la sève.
Le problème, c’est qu’il y a rémanence jusqu’à la floraison.

Les abeilles, victimes de ces neurotoxiques lors de leur butinage, meurent ou se perdent, sans retrouver pour partie leur ruche. Ainsi,
les colonies d’abeilles dysfonctionnent, la production de miel
est très affectée, voire nulle.

LA BIODIVERSITÉ

Bien des campagnes ont vu leur environnement bouleversé par l’évolution de l’agriculture.

Si les abeilles disposent parfois d’importantes ressources sur de courtes périodes, il peut s’ensuivre des périodes de disette par manque de diversité, ce qui réduit considérablement leur bol alimentaire
et donc leur système de défense immunitaire.

LA FORMATION DES APICULTEURS

Beaucoup de personnes se sont lancées depuis 20 ans dans
cette activité de loisir ou professionnelle, sans pour autant avoir pris
le temps de se former correctement
. Or, l’apiculture est passée
en 40 ans d’une activité de quasi cueillette
à une véritable activité d’élevage.

Si l’élevage de reines et d’essaims ne remédie pas aux problèmes mentionnés plus haut, il permet à l’apiculteur de disposer de colonies saines avec de jeunes reines, les plus à même à assurer leur survie
et une production de miel.

Quant à l’hiver 2017-2018, il a été particulièrement long, jusqu’à
la mi-avril, accentuant d’autant plus les causes mentionnées précédemment…

L’expertise de Maison Fedon

Faisant face à ce contexte comme tous nos collègues, nous avons opté pour une démarche pragmatique,
très proche du bien-être des abeilles et qui peut se résumer ainsi :

NOS RUCHES

Nos ruches de production ne sont plus transhumées en zone de grandes cultures, puisque nous privilégions, au sein de notre territoire limousin, les espaces de forêts,
de prairies, et les vallées en déprise agricole.
Seules des cultures conduites en agriculture biologique, comme le sarrasin
ou la moutarde, peuvent être l’occasion
de transhumance de ruches.

NOS REINES

L‘élevage de reines et d’essaims est au cœur de notre métier, pour nos propres renouvellements. Il requiert un vaste savoir-faire très méticuleux, où maints détails doivent être maîtrisés tout au long du processus de production.
C’est ainsi que nous entretenons un cheptel productif en toute autonomie au sein de notre ferme apicole.

NOS TRAITEMENTS

Nous effectuons deux fois par an un traitement anti-acarien en temps et en heure. De plus, un contrôle assidu tout au long de l’année nous permet un suivi rigoureux de nos colonies d’abeilles.

Ainsi, nos pertes hivernales sont
de l’ordre de 5 à 10%.

Bien que notre passion soit ancienne, elle demeure intacte au fil des jours et des saisons
et s’enrichit dans l’observation et le partage, afin de nous adapter en permanence à toutes ces évolutions.

C’est ainsi que nous pensons assurer notre part, pour que nous puissions tous
bénéficier de l’apport primordial des abeilles par la pollinisation, en plus des bienfaits des produits de la ruche…